Accueil / NEWS / Ces pionniers de la French Tech dévoilent leur “clone IA” révolutionnaire pour accompagner les entrepreneurs

Ces pionniers de la French Tech dévoilent leur “clone IA” révolutionnaire pour accompagner les entrepreneurs

découvrez comment ces innovateurs de la french tech présentent leur clone ia révolutionnaire, une solution innovante conçue pour soutenir et accompagner les entrepreneurs dans leur aventure.

La French Tech franchit une nouvelle étape. Plusieurs figures majeures de l’écosystème entrepreneurial français transforment désormais leur expérience en clones IA, des assistants numériques capables de reproduire leur expertise, leur voix et leur approche pédagogique. Ces pionniers d’une innovation radicale entendent démocratiser l’accès au mentorat en entrepreneuriat, rendant disponible 24 heures sur 24 ce qui demandait autrefois des années de formation et de relations privilégiées.

Quand l’expérience devient un assistant numérique permanent

Vingt années d’expérience dans la création d’entreprise, compressées dans un outil accessible au moment où l’entrepreneur en a besoin. C’est la promesse que formule Frédéric Mazzella, cofondateur de BlaBlaCar et de Dift, avec le lancement de Fred24, son clone IA personnalisé. L’outil combine texte et interaction vocale, permettant aux utilisateurs de poser des questions concrètes sur les levées de fonds, les recrutements, le choix d’associés ou la vente d’une entreprise.

L’intelligence artificielle répond par écrit ou oralement, cette dernière option restituant la voix de synthèse de Frédéric Mazzella lui-même. Les dix premières questions demeurent gratuites, via une interface de chatbot classique. Au-delà, un abonnement s’impose : 399 euros hors taxes pour six mois ou 699 euros hors taxes pour douze mois lors du lancement commercial.

L’entraînement : un corpus privé et public sans précédent

Contrairement aux modèles génériques d’IA, Fred24 a été nourri de contenus singuliers : les conférences de Frédéric Mazzella, ses ouvrages, ses interviews, ainsi que des ressources privées transmises pour affiner l’outil. Ce corpus diversifié permet au clone IA de capturer non seulement les méthodes de l’entrepreneur, mais aussi sa capacité à adapter ses conseils à des contextes variés.

« L’IA écoute et s’adapte aux questions, puis elle va puiser ses réponses dans les milliers de contenus écrits ou audio, publics comme privés, sur lesquels nous l’avons entraînée », explique Frédéric Mazzella. Cette approche contraste radicalement avec les solutions génériques : Fred24 n’offre pas des recommandations standardisées, mais une reproduction fidèle de la pensée entrepreneuriale de son créateur.

Un écosystème en pleine effervescence autour des clones IA

Mazzella ne figure pas en solitaire dans cette démarche. La startup Miria, fondée en octobre 2025 par Louis Bordeau, Noé Campo et Paul Gee, s’est positionnée comme plateforme centrale de création de clones IA destinés aux dirigeants, experts et créateurs de contenu.

Sur son catalogue, 27 profils sont d’ores et déjà accessibles, notamment Jean de la Rochebrochard de Kima Ventures ou Guillaume Moubeche de Lemlist. D’autres figures se préparent à rejoindre l’offre, comme Jean-Pierre Nadir, fondateur d’Easyvoyage. Miria s’appuie sur les technologies de Mistral AI et de Gradium, spécialiste français de la synthèse vocale dans lequel Nvidia vient d’investir, consolidant ainsi une chaîne technologique souveraine.

D’autres approches, mêmes ambitions

Au-delà de Miria, d’autres acteurs investissent le terrain. Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger et The Bitcoin Society, a intégré un assistant IA à son offre SKL Club, nourri de « 300 heures de contenu ». Cette option permet aux membres de poser leurs questions entrepreneuriales pour recevoir des recommandations actionnables, ancrées dans l’expérience du fondateur.

Jacques Pommeraud, PDG d’Inetum, spécialiste français de la transformation numérique, a également adopté un jumeau numérique pour coacher « plusieurs dizaines de cadres en simultané ». Cette application interne démontre que le clone IA n’intéresse pas seulement la monétisation externe, mais aussi l’optimisation interne des processus de mentorat.

Aux États-Unis, Delphi, créée à la suite du lancement de ChatGPT en 2022, propose une offre comparable. La startup a levé 16 millions de dollars en série A auprès de Sequoia Capital en juin 2025, après un premier tour de 2,7 millions menés par Founders Fund. Ce soutien massif illustre la confiance des investisseurs majeurs envers ce modèle de « digital minds ».

Une nouvelle économie de l’expertise : monétiser sans mobiliser son temps

Pour les entrepreneurs disposant d’une forte notoriété et d’une bibliothèque substantielle de contenus, cette technologie révolutionnaire ouvre un modèle économique inédit. L’expertise, jusque-là captive du temps personnel, devient un service scalable, capable de répondre simultanément à des centaines d’utilisateurs sans mobiliser directement l’attention du fondateur.

Cette transformation s’inscrit dans une logique plus large de monétisation de l’expérience. Alors que les formations en ligne proposent des contenus statiques, le clone IA offre une interaction, une personnalisation et une adaptabilité que les enregistrements vidéo ne peuvent égaler. L’entrepreneur ne vend plus un produit, mais une version algorithmique de son jugement et de sa méthodologie.

Les limites que le numérique ne peut franchir

Cependant, certaines dimensions du mentorat humain demeurent difficiles à reproduire. Un entrepreneur ne cherche pas uniquement une information ou une méthode : il attend une contradiction bienveillante, un regard extérieur qui vient challenger ses certitudes, une compréhension fine du contexte local que seul un être humain peut percevoir.

Les clones IA excelleront probablement dans la restitution de frameworks éprouvés, de conseils stratégiques reproductibles, de réponses rapides aux questions récurrentes. Mais ils risquent de montrer leurs limites face à des dilemmmes éthiques, des enjeux interpersonnels nuancés ou la nécessité de réévaluer une stratégie à la lumière d’une situation inédite.

La pertinence de ces outils reposera donc sur trois piliers : la qualité des données utilisées pour l’entraînement, la capacité du système à signaler ses incertitudes et ses frontières, et l’acceptation par l’utilisateur qu’il consulte une aide précieuse, mais non exhaustive. Consulter les ressources sur la culture d’entreprise peut justement aider à contextualiser ces outils dans une stratégie plus large d’accompagnement entrepreneurial.

Un premier maillon dans la chaîne du mentorat entrepreneurial

Loin de remplacer les mentors humains, les clones IA pourraient devenir une première ligne de consultation, démocratisant l’accès à une expertise initialement réservée aux cercles privilégiés. Ils répondront aux questions à deux heures du matin, offriront une disponibilité sans faille et réduiront la friction d’accès au conseil entrepreneurial.

Cette innovation s’inscrit dans une dynamique plus large de la French Tech, où l’intelligence artificielle ne se limite plus à l’automatisation de tâches répétitives, mais investit des domaines jusqu’alors réservés à la relation humaine. Les pionniers qui y adhèrent reconnaissent implicitement une vérité : l’expérience peut se cristalliser, s’empaqueter et se transmettre à l’échelle. Pour les entrepreneurs qui en ont besoin, c’est un raccourci vers des réponses fiables. Pour les créateurs de ces outils, c’est une nouvelle économie qui s’offre.